Le monde du cinéma africain est en deuil. Le réalisateur, écrivain et promoteur culturel camerounais Bassek Ba Kobhio est décédé le 12 mai 2026 à Yaoundé, au Cameroun. Figure importante du cinéma africain francophone, il laisse derrière lui une œuvre marquée par son engagement en faveur de la création audiovisuelle africaine et de la transmission.

Né le 1er janvier 1957 à Nindjé, dans le département du Ndom au Cameroun, Bassek Ba Kobhio avait d’abord suivi des études de sociologie et de philosophie avant de se consacrer au cinéma. Il a également occupé les fonctions de responsable des services de la cinématographie à Yaoundé.

Le cinéaste s’était particulièrement fait connaître grâce à son film Sango Malo, réalisé en 1991. L’œuvre avait obtenu, en 1992, le Prix du public lors de la deuxième édition du Festival du cinéma africain de Milan, en Italie. Ce long-métrage reste aujourd’hui l’une des références du cinéma camerounais contemporain.

Au fil des années, Bassek Ba Kobhio s’est imposé comme un acteur engagé dans le développement des industries culturelles africaines. Il est notamment le fondateur du festival de cinéma africain Écrans Noirs, devenu au fil du temps un rendez-vous important pour les professionnels du septième art sur le continent.

Le réalisateur a également participé à une série de courts-métrages inspirés des fables de La Fontaine, initiée par l’ACCT, devenue par la suite l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Parmi ces productions figure La Poule aux œufs d’or, salué pour son ton et sa mise en scène.

Engagé dans la formation des jeunes talents, il avait contribué à la création de classes de cinéma avec l’appui des services de coopération culturelle de l’Ambassade de France et de l’Unesco.

Au-delà de la réalisation, Bassek Ba Kobhio militait aussi pour la protection des œuvres audiovisuelles africaines. Il était membre de l’association panafricaine « Convergence Audiovisuelle », engagée dans la lutte contre le piratage audiovisuel sur le continent.

Avec sa disparition, le cinéma africain perd l’une de ses voix les plus engagées en faveur de la promotion des récits africains et de la structuration du secteur audiovisuel.

Afrika Toon salue aujourd’hui la mémoire d’un maître qui aura su allier la rigueur de la pensée à la magie de l’image.