Présenté en avant-première au cinéma Pathé Cap Sud à Abidjan, le long métrage « Anthôman » a reçu un accueil enthousiaste du public. Inspirée d’une histoire familiale du réalisateur Jacques Tra Bi, cette fresque dramatique, produite durant six ans, mêle amitié, tragédie et rédemption sur fond de Seconde Guerre mondiale.

Le cinéma Pathé Cap Sud a fait salle comble, mercredi 29 juillet 2026, à l’occasion de l’avant-première du long métrage « Anthôman », réalisé par Jacques Tra Bi. Dans une ambiance chaleureuse, les spectateurs ont alterné rires, émotion et applaudissements au fil de la projection.

L’une des prestations les plus remarquées de la soirée est celle de Kane Mahoula. Son interprétation du personnage de Foly a suscité de nombreuses réactions dans la salle, au point de devenir l’un des temps forts de cette première projection publique.

Six années de production et plus de 750 collaborateurs

Le projet « Anthôman » est le résultat d’un long travail de développement. À en croire La productrice Prisca Marceleney, sa réalisation a nécessité six années de production et dix-huit mois de postproduction. Plus de 750 personnes ont contribué au film, dont le tournage s’est déroulé sur quatre sites, entre la Côte d’Ivoire et l’Alsace, en France.

Elle a salué l’engagement de l’ensemble des équipes artistiques et techniques qui ont accompagné cette aventure jusqu’à son aboutissement.

Un récit inspiré d’une histoire familiale

Au cours des échanges avec le public, Jacques TRABI est revenu sur la genèse du film.

« Anthôman est un hymne à l'amour, au pardon et à la tolérance. »

Le cinéaste a expliqué que l’histoire prend racine dans ses souvenirs d’enfance à Port-Bouët. Elle s’inspire également d’un drame vécu au sein de sa famille : celui de sa tante, dont le mari aurait trouvé la mort lors d’une partie de chasse à Gonaté, une ville Gouro, située au centre-ouest de la Côte d’Ivoire. Ce fait marquant constitue le point de départ d’une fiction qui mêle mémoire personnelle et patrimoine culturel ivoirien.

Entre traditions ancestrales et Seconde Guerre mondiale

Le film raconte l’histoire de Gooré et Kalou, deux amis inséparables. Le premier est un batteur reconnu pour son talent, tandis que le second est un danseur admiré dans son village.

Leur destin bascule lorsqu’un accident de chasse coûte la vie à Kalou. Bien que le Zri, une épreuve traditionnelle destinée à établir la culpabilité ou l’innocence d’une personne, innocente Gooré, les habitants refusent de croire à son innocence et l’accusent d’avoir tué son ami par jalousie.

Déterminé à laver son honneur, Gooré choisit de s’engager dans la Seconde Guerre mondiale. Selon la tradition, revenir vivant du front constituerait la preuve irréfutable de son innocence.

À travers cette trajectoire, « Anthôman » interroge le poids des croyances, les mécanismes de l’exclusion, la fidélité en amitié et la possibilité du pardon. Le film propose également une plongée dans une période de l’histoire encore peu représentée dans le cinéma ivoirien.