Le secteur du cinéma et de l’audiovisuel ivoirien a posé, une pierre importante dans la construction de son avenir industriel. À Abidjan, le Capitol Hôtel de la Riviera Golf a servi de cadre, le vendredi 27 février 2026, au lancement officiel de l’Association des Industries du Cinéma et de l’Audiovisuel de Côte d’Ivoire (AICA-CI) en présence de plusieurs figures emblématiques du 7e art ivoirien.

Une association des associations

Présidée par Abel Kouamé (Kan Souffle), réalisateur, producteur et Directeur général du studio Afrika Toon, l’AICA-CI entend fédérer l’ensemble des acteurs de la filière, producteurs, réalisateurs, distributeurs, exploitants de salles, chaînes de télévision et plateformes numériques autour d’enjeux communs. « L’idée, c’est de présenter toutes les opportunités et d’échanger autour des enjeux liés à notre secteur. L’AICA-CI est une nouvelle association dans l’écosystème qui apporte une valeur ajoutée en réunissant tous les acteurs clés du secteur », a déclaré Abel Kouamé, précisant que l’association s’inspire du modèle américain de la Motion Picture Association(MPA), adapté aux réalités ivoiriennes.

De son côté, Nancy Aka, Directrice générale de Majestic Cinéma Côte d’Ivoire, a tenu à clarifier l’esprit de la démarche. « Nous sommes conscients qu’il s’agit d’une énième association. Mais nous voulons qu’elle devienne l’association des associations », a-t-elle affirmé, précisant que l’AICA-CI a été conçue pour jouer le rôle de faîtière du secteur. « Nous voulons tourner la page, repartir sur une feuille blanche et, nous-mêmes, en tant qu’acteurs professionnels, rédiger nos propres règles du jeu », a-t-elle insisté.

Professionnalisation et discipline au cœur du projet

Au titre de ses priorités, l’AICA-CI entend identifier les principales difficultés du secteur, dresser un état des lieux du cadre législatif, définir un plan d’action concerté, renforcer la collaboration entre les différents métiers et assurer la défense des intérêts collectifs de la filière.

À ce sujet, la distributrice Sonia Guiza a appelé à une organisation rigoureuse de la chaîne cinématographique. « On ne peut pas faire avancer un secteur de métier si on prend des raccourcis », a-t-elle averti, plaidant pour que chaque acteur assume pleinement son rôle, sans empiéter sur celui des autres. Un discours qui reflète la volonté de mettre fin aux conflits de positionnement qui ont longtemps fragilisé le secteur.

Abordant le volet social, le producteur Alex Ogou a plaidé pour la création d’un fonds de solidarité destiné aux professionnels du secteur ainsi que pour l’instauration d’un dispositif d’assurance maladie au bénéfice des travailleurs de l’industrie cinématographique et audiovisuelle. « La première richesse, c’est l’homme », a-t-il rappelé.

Un soutien institutionnel affirmé

Le Bureau Ivoirien du Droit d’Auteur (BURIDA), représenté à la cérémonie par son Directeur Général Adjoint, Serge Akpatou, a salué la dynamique enclenchée et assuré de son accompagnement pour consolider les bases juridiques et réglementaires de la nouvelle structure. L’adhésion concernant exclusivement des entités morales : entreprises, associations et organisations actives dans le cinéma et l’audiovisuel.

L’espoir d’une industrie enfin structurée

La mobilisation enregistrée lors de ce lancement avec la présence de personnalités comme Bienvenu Neba, Philippe Lacôte, Bomou Aboubakar Bassa, Willy Dumbo, Aba Zein, la comédienne Lauraine Koffi et le photographe-réalisateur Ananias Leki Dago témoigne d’une réelle adhésion du milieu. « C’est salutaire. Ça vient à point nommé. Il faut se regrouper, s’organiser et structurer », a déclaré Ananias Leki Dago.

Avec la naissance de l’AICA-CI, le cinéma ivoirien se donne les moyens de rompre avec un cycle fait d’élans brisés et de rendez-vous manqués. Il appartient désormais aux acteurs du secteur de traduire cette dynamique commune en actions tangibles, à travers une meilleure structuration des métiers, le développement des compétences, la mise en place de mécanismes de protection sociale pour les artistes et techniciens, le respect des circuits de diffusion et l’élargissement de la présence du cinéma ivoirien sur les marchés africains et internationaux.